gisant
au fond du ravin sa chair froide ramollie
par les rayons du soleil
odeur moribonde qui attend la visite
des dérobeurs de corps
autour le désert toujours ce maudit désert où il ne pousse
que de l’ennui et des ruines
l’air sec le vent me bercent dans le ciel
ce bec reflétant le soleil je cherche ma pitance
dans la minéralité d’un horizon tranchant
tréfonds de l’obscurité aride le corps remue
peut-être vit-elle encore
ou n’est-ce que son ombre qui s’agite
de sentir venir un feu ailé qui tarde pourtant à la consumer
flamme prédatrice
qui attend de voir l’éclat des os pour s’emparer
du plus brillant d’entre eux et au diable les autres
la charogne a ses propres règles
mais dans la vie cynique des corbeaux affamés
l’opportunisme offre les morceaux les plus désirables
et pourtant
la mort rampante est le repas des uns et ses vestiges sont le mien
alors je vole et survole mes serres dédaignent
ceux couverts de sang putrides de ceux qui se battent
pour un foie bileux une viande noircie
mon bec ce bec noble ne se nourrit que de lumière
je lui réserve la tendre blancheur des os
ceux-là que je détruirai avidement une fois seul
tandis que mes yeux avec toute l’avidité du monde
souriront à pleines dents

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