L’idée d’avoir un blogue m’est venue dans mon bain, alors que flottait non loin de moi Eugène, mon canard de plastique jaune. Non que ce soit bien Eugène qui m’aie suggéré l’idée, bien qu’il soit toujours de bon conseil, mais, alors que je lavais les horreurs de la guerre qui recouvre mon corps, il m’est apparu amusant l’idée de créer un blogue dans lequel je pourrais, exhibitionniste que je suis, écrire chimères et fantasmes qui me passerait par la tête. Eugène ne put, bien entendu, qu’acquiescer à ce projet, et comme je suis du genre à attendre l’approbation de mon canard de plastique jaune avant de me lancer dans une aventure, je ne l’ai fait seulement après que celui-ci m’aie donné son accord. Cet accord est également une garantie: si je me fais poursuivre un jour pour larcin intellectuel ou pour avoir établi des records d’impertinence, je pourrai toujours tout rejeter sur la faute de mon canard Eugène.
Aventure, quel beau mot! Comme toute chose, une aventure a toujours son commencement – après tout, ce n’est pas pour rien que le mot aventure lui-même commence par a, il est sage, il ne se replie pas en quatre pour divertir comme péripétie. Le commencement, dans toute bonne aventure qui se respecte, commence toujours par une mise en place des éléments de base qui serviront de piliers dans l’histoire, bref, d’une présentation. Dans le cas qui nous occupe, l’histoire sera ennuyante, car elle n’aura ni péripéties, ni revirements inattendus – hélas! Nous sommes sur le blogue d’un écrivain (d’un mauvais écrivain de surcroît), et les seules évènements qui auront lieux d’arriver seront ceux que j’aurai la bassesse d’écrire. Toutefois, ne vous inquiétez pas, je ferai valider tout texte écrit par Eugène avant de le publier.
Allons, la présentation. Je m’appelle Esdéache et je suis un écrivain raté qui déteste tout ce qu’il écrit. Pour me rabattre à continuer d’écrire et en attendant mon chèque du mois, j’ai choisi de me prostituer de la manière la plus ignoble qui soit: en créant un blogue. Car, oui, tous les blogueurs sont en fait, comme moi, des putes qui ont choisi la voie facile du blogue. Après tout, il est plus facile d’écrire directement sur le web plutôt que de passer par les rigoureux éditeurs et par la publication. Ah oui, les temps sont durs pour le futur auteur, surtout lorsqu’il nous est donné de voir que notre belle jeunesse connait mieux les Gab Roy et les Matthieu Bonin que les David Leblanc et les Vickie Gendreau. Suis-je mieux que tout le monde? Selon Eugène, oui – mais méfiez-vous, c’est un canard de plastique jaune. Mais heureusement, nous n’en sommes pas encore à juger une personne sur des bases culturels. Non, nous en sommes encore à les juger… selon leurs comptes bancaires! Ha ha ha! De ce point de vue, ce n’est pas que ma carrière d’écrivain qui est raté. Ha ha ha!
Je crois que l’essentiel est dit, j’en tiens pour preuve que la moitié d’entre vous a déjà fiché le camp – et l’autre moitié y a pensé très sérieusement lorsque j’ai osé critiquer les Matthieu Bonin et les Gab Roy. Maintenant que je n’ai plus rien à dire d’intelligent (depuis un moment selon Eugène et moi), je vous laisserai donc, et dès demain, si je ne suis pas mort dans un caniveau, je commence à écrire quelque chose. Mais attention hein! Je ne garantis pas la qualité!
Hé hé hé!

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